Une étude dévoile l’ampleur du phénomène ! Le 22 février 2025, l’Association Tchad Plus et le Bureau d’Ingénierie, de Conseil et d’Orientation (BICO) ont présenté les résultats d’une étude sur la désinformation dans trois arrondissements de N’Djamena. Cette recherche, menée dans le cadre du projet “De l’idée à la scène”, financé par la GIZ via le programme LEL AFE, met en lumière l’impact des fake news sur les communautés locales. Alors que les réseaux sociaux se multiplient, la frontière entre vérité et manipulation devient plus floue que jamais.
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Plus d’un habitant sur deux exposé aux fake news
L’étude, réalisée auprès de 1 000 habitants des 6e, 7e et 9e arrondissements, révèle une réalité préoccupante : 52,17 % des personnes interrogées affirment avoir été exposées à la désinformation. Ce chiffre souligne la vulnérabilité des populations face à la propagation rapide de fausses informations. Selon Stéphane Gouaken Vagoi, membre de l’Association Tchad Plus, cette enquête vise à mieux comprendre les implications sociales et culturelles de ce phénomène.
Avec l’essor des plateformes numériques, la désinformation se diffuse à une vitesse inédite, influençant les opinions et parfois même les décisions politiques. Les fausses nouvelles jouent sur les émotions et exploitent le manque de vérification des sources. Pourtant, beaucoup de citoyens peinent encore à distinguer le vrai du faux.

Un projet artistique pour sensibiliser à la désinformation
Pour lutter contre ce fléau, l’Association Tchad Plus mise sur l’art et la culture. Depuis début mars, dix jeunes participent à une résidence de création slam. ”De l’idée à la scène”, un atelier d’écriture animé par le slameur tchadien Say Baa. Leur mission : transformer les données de l’étude en textes engagés pour sensibiliser la population aux dangers des fake news.
Cinq slameuses et cinq slameurs travaillent sur ces thématiques à travers plusieurs phases, incluant l’enregistrement de leurs textes et une restitution publique prévue prochainement. Ce projet innovant démontre que la lutte contre la désinformation passe aussi par des formes d’expression créatives capables de toucher un large public.

Vers une prise de conscience collective
L’étude menée par Tchad Plus et BICO met en évidence l’urgence d’une mobilisation collective contre la désinformation. Si la moitié des habitants de N’Djamena y sont exposés, il devient essentiel de renforcer l’éducation aux médias et la pensée critique. Grâce à des initiatives comme la résidence de création slam De l’idée à la scène, l’art se révèle être un puissant levier pour éveiller les consciences et promouvoir une information fiable. Reste à savoir si ces actions suffiront à inverser la tendance.